Tout savoir sur la loi Lagleize et ses impacts
La réforme dite loi Lagleize propose de transformer l’accès à la propriété en France en dissociant le coût du foncier du coût du bâti. Conçue pour répondre aux tensions foncières dans les zones urbaines et périurbaines, elle combine outils juridiques et mécanismes de portage foncier afin de réduire le prix d’entrée pour les ménages modestes. Au croisement de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et des politiques publiques, cette réforme touche aussi aux enjeux de développement durable et à la transition énergétique en imposant des cadres d’usage et des obligations d’entretien pour préserver la valeur d’usage.
Le décryptage qui suit détaille les principes, les bénéfices attendus, les risques identifiés et les conditions de mise en œuvre. Il s’adresse aussi bien aux futurs acquéreurs qu’aux acteurs publics et professionnels de l’immobilier, afin d’éclairer les décisions d’achat, d’investissement et de conception territoriale.
En bref :
- Séparation foncier/bâti : acheter les murs sans le sol pour réduire le coût d’entrée.
- Organismes de portage (OFL/OFS) : rôle central pour maîtriser les prix du sol.
- Bail longue durée (BRS/Bail réel solidaire) : sécurise l’usage mais implique un loyer foncier récurrent.
- Impact économique attendu : baisse potentielle de 30 à 50 % sur le prix d’acquisition global en zone tendue.
- Risques : acceptabilité, financement des organismes, lisibilité pour les banques et sécurisation juridique.
- Enjeux environnementaux : opportunité d’intégrer la transition énergétique et les énergies renouvelables dans les projets portés.
Comprendre la loi Lagleize : origine, objectifs et principes essentiels
La loi Lagleize trouve sa genèse dans un rapport parlementaire remis en novembre 2019. Confrontée à une flambée du prix du foncier — une hausse d’environ +71 % sur une décennie dans certaines zones tendues — la proposition a pour objectif de rendre l’accession à la propriété plus accessible pour les ménages modestes et de réduire la spéculation foncière. Son principe central est la dissociation foncier/bâti, qui permet de vendre le logement sans transférer la propriété du terrain.
Sur le plan pratique, l’outil juridique retenu peut prendre la forme d’un bail réel solidaire (BRS) ou d’un bail longue durée porté par un Organisme de Foncier Solidaire (OFS) ou Organisme de Foncier Libre (OFL). Le bail garantit à l’occupant un droit d’usage pour une durée longue — souvent comprise entre 18 ans et 99 ans selon les montages — avec un loyer foncier encadré. Cette configuration vise explicitement à plafonner l’évolution du prix du terrain et à lisser l’effort financier des ménages au fil du temps.
Une réponse ciblée aux zones tendues
La loi ne prétend pas uniformiser le marché national. Son périmètre vise prioritairement les agglomérations où la tension foncière empêche toute accession durable. En pratique, les collectivités locales peuvent choisir d’adosser des opérations à un OFS ou à un OFL et d’orienter le dispositif vers des projets en résidence principale. Cette logique d’option évite de bouleverser les régimes de propriété existants et permet d’insérer l’outil dans des politiques locales de logement.
Un chiffre simple illustre le mécanisme : si le foncier pèse 40 % du coût total d’une opération en zone tendue, retirer ce poste à l’achat peut réduire d’environ 30 à 50 % la somme à financer immédiatement. L’acheteur conserve des droits d’usage proches de la propriété, mais paie un loyer foncier récurrent, encadré contractuellement.
Idée reçue et réalité
Idée reçue : « il s’agit d’une location déguisée ». La réalité est différente : le bail longue durée offre une sécurité d’usage comparable à celle d’un propriétaire classique, un droit de revente du bâti est maintenu, et des garde-fous juridiques protègent l’acquéreur. Toutefois, la présence d’un loyer foncier et certaines contraintes d’occupation constituent une différence structurelle qu’il faut intégrer dans l’analyse patrimoniale.
Alternative selon le profil : pour un primo-accédant dans une métropole tendue, la dissociation peut être une solution concrète. Pour un investisseur cherchant un actif entièrement libre de charges foncières, la pleine propriété reste plus adaptée.
Limite et méthode pour trancher : comparer des simulations de financement (prêt pour le bâti + prise en compte du loyer dans le reste à vivre), consulter une simulation bancaire et un conseiller patrimonial. Cette méthode permet d’évaluer si le dispositif convienne à l’horizon de détention et à la stratégie patrimoniale.
Cas pratique : un couple salarié avec 10 000 € d’apport visant un T2 à 200 000 € en zone tendue. Si 40 % du prix est foncier, l’achat du bâti seul tombe à ~120 000 €. Le prêt devient plus accessible et le couple peut consacrer 150 € mensuels au loyer foncier, soit un équilibre budgétaire souvent hors de portée en pleine propriété. Distinction : le capital constitué est probable (valeur du bâti), le gain immédiat est garanti (réduction du ticket d’entrée), la revente est variable selon l’évolution du loyer foncier.
Insight : la loi Lagleize offre une option supplémentaire pour réconcilier prix de marché et capacité d’achat, mais elle demande des simulations précises et une lecture attentive du bail.
Le nouveau droit de propriété et la dissociation foncier/bâti : mécanismes juridiques et comparaisons
La réforme introduit un régime de propriété hybride distinct des modèles traditionnels. Il ne s’agit pas d’une suppression de la propriété privée mais d’un nouvel agencement contractuel entre propriétaire du bâti et détenteur du foncier. La dissociation foncier/bâti s’appuie sur des contrats de longue durée et un encadrement réglementaire précis afin d’éviter les dérives.
Dans ce cadre, plusieurs acteurs et contrats coexistent :
- Le bail réel solidaire (BRS) : un bail longue durée avec obligations d’occupation et loyer encadré.
- Les Organismes de Foncier Solidaire (OFS) / Organismes de Foncier Libre (OFL) : acquièrent et gèrent le foncier.
- Les collectivités locales : peuvent être partenaires actifs du portage foncier.
Comparaison synthétique :
| Régime | Ce que vous possédez | Contrat | Atouts | Points de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Propriété pleine | Terrain + bâti | Acte notarié classique | Liberté d’usage et de revente | Coût d’acquisition élevé en zone tendue |
| Démembrement | Nue-propriété ou usufruit | Acte de démembrement | Optimisation patrimoniale | Complexité de gestion |
| Dissociation foncier/bâti (Lagleize) | Bâti + bail sur le terrain | Bail longue durée / BRS | Décote 30–50 % à l’achat | Loyer foncier récurrent, contraintes d’occupation |
Le tableau met en évidence que le choix juridique dépend d’un arbitrage entre immédiateté financière et contraintes futures. Pour évaluer la pertinence, un profil d’acheteur doit analyser l’impact économique à court terme (réduction du prêt nécessaire) et à long terme (évolution du loyer foncier et valeur de revente du bâti).
Aspects contractuels et protections
Les baux prévoient en général : indexation claire du loyer, obligations d’entretien, clauses de revente, modalités de succession et mécanismes de contrôle pour garantir l’usage résidentiel. Ce cadre protège l’acquéreur face à une hausse soudaine du loyer foncier en limitant les révisions et en associant des indices de référence públics.
Idée reçue : « l’acquéreur perd toute liberté de transformation ». En réalité, l’occupant conserve la possibilité de rénover et d’adapter le bâti, sous réserve des règles d’urbanisme et des autorisations de travaux habituelles. Les clauses protègent la valeur d’usage et préservent la revente.
Alternative : pour qui la dissociation est-elle pertinente ?
- Primo-accédants avec apport limité et horizon long (10–20 ans).
- Ménages à revenus modestes dans les métropoles ou bassins d’emploi tendus.
- Collectivités cherchant à préserver la mixité sociale et à maîtriser l’aménagement du territoire.
Limite : la lisibilité pour les établissements financiers reste une incertitude. En 2026, plusieurs banques ont déjà adapté leurs calculs d’endettement en intégrant le loyer foncier, mais les pratiques varient. Méthode pour trancher : demander plusieurs simulations de prêt et vérifier l’impact du loyer sur l’effort mensuel et le taux d’endettement.
Cas pratique : un propriétaire qui souhaite revendre après huit ans verra la valeur du bâti évoluer selon le marché local et la qualité des travaux réalisés. La revente est possible mais l’acheteur devra reprendre le bail foncier, ce qui modifie la clientèle potentielle et peut réduire le prix net requis en comparaison d’une vente en pleine propriété.
Insight : juridiquement solide si encadrée, la dissociation ouvre une palette d’options patrimoniales mais exige une vigilance contractuelle accrue.
Organismes de foncier solidaire et financements : qui porte le sol et comment ?
La réussite opérationnelle du dispositif repose largement sur la capacité des Organismes de Foncier Solidaire (OFS) ou Organismes de Foncier Libre (OFL) à acquérir et gérer les terrains. Le financement de ces organismes constitue l’un des principaux défis identifiés lors des expérimentations menées depuis 2019 et jusqu’en 2026.
Sources de financement possibles :
- Subventions publiques et dotations des collectivités territoriales.
- Emprunts contractés par les OFS/OFL auprès d’institutions bancaires ou de fonds dédiés.
- Apports d’acteurs privés engagés dans des missions d’intérêt général.
- Mécanismes de refinancement via des obligations ou des véhicules de titrisation spécifiques.
Le montage financier doit garantir la pérennité de la gestion foncière et la capacité à proposer des loyers fonciers prévisibles. Un OFS mal capitalisé risque d’augmenter les loyers pour compenser ses charges, ce qui annulerait l’effet recherché sur l’accessibilité.
Chiffre d’ordre : besoin de capitalisation
Pour illustrer, une opération de portage d’un quartier de 50 logements dans une métropole peut nécessiter plusieurs millions d’euros d’acquisition foncière. Un OFS efficace doit donc combiner ressources publiques et privées. En 2026, des expérimentations locales montrent des montages mixtes où la collectivité prend une part active au démarrage pour réduire le coût initial.
Idée reçue : « l’État paie tout ». En pratique, l’effort financier est partagé entre collectivités, organismes dédiés et parfois investisseur privés. Le rôle des politiques publiques consiste surtout à faciliter l’accès au foncier, offrir des garanties ou subventions et encadrer la réglementation pour sécuriser les investisseurs.
Alternatives selon le profil des territoires :
- Territoires riches en foncier public : mobilisation de terrains communaux pour faciliter les opérations.
- Petites collectivités : recours à des partenariats intercommunaux pour mutualiser le risque.
- Grandes métropoles : création de fonds de portage ad hoc avec participation de bailleurs sociaux et promoteurs.
Limite : la capacité d’endettement des OFS est corrélée à la qualité des garanties et à la stabilité réglementaire. Les investisseurs ont besoin de visibilité sur plusieurs décennies, surtout lorsque le bail est indexé sur des indices évolutifs.
Cas pratique : une métropole finance un OFS via une avance remboursable et un apport initial. Le modèle prévoit un loyer foncier calculé sur un pourcentage du prix du foncier historique, indexé annuellement sur un indice public. Résultat : loyers fonciers modérés permettant aux ménages d’accéder à la propriété, tout en assurant la rentabilité long terme de l’OFS.
Distinction : le financement public est probable pour les projets à forte portée sociale ; la garantie totale est variable selon la volonté politique locale ; la soutenabilité financière est mesurable via des simulations à 30 ans.
Insight : la viabilité du modèle dépend autant de la qualité du montage financier que de la confiance des banques et des collectivités à maintenir une réglementation stable.
La vidéo ci-dessus complète l’analyse en présentant des retours d’expériences d’opérations pilotes et des entretiens avec des élus en charge de l’urbanisme. Elle permet de visualiser des montages concrets et des éléments chiffrés d’expérimentation.
Impact économique et marché immobilier : effets attendus et limites chiffrées
L’un des axes majeurs d’évaluation de la loi Lagleize concerne son impact économique sur les prix, l’offre et les comportements des acteurs. Les attentes reposent sur trois résultats : baisse du ticket d’entrée, moindre spéculation foncière et revitalisation de l’offre dans les zones tendues.
Effet direct sur le prix d’acquisition : la dissociation peut conduire à une réduction immédiate de 30 à 50 % du coût d’achat pour le ménage. Ce gain améliore l’accès au crédit et permet la réalisation d’opérations qui étaient auparavant non viables pour certains profils.
Conséquences macroéconomiques
Au plan macro, la généralisation du dispositif dans certaines zones pourrait modérer la hausse des prix fonciers et réduire la pression sur le marché locatif en favorisant une rotation plus rapide des logements détenus par des occupants résidents. Toutefois, la portée nationale reste limitée si le dispositif demeure centré sur des périmètres ciblés.
Idée reçue : « les prix vont chuter partout ». En réalité, la baisse s’observe surtout dans les programmes adossés à des OFS. Le marché global continue d’être influencé par la dynamique démographique, l’offre de construction et les taux d’intérêt. Le mécanisme corrige une cause importante de hausse mais n’annule pas toutes les forces de marché.
Alternative selon les acteurs :
- Promoteurs : adaptation des modèles financiers et baisse du besoin en fonds propres pour l’accès au marché local.
- Banques : évolution des pratiques pour intégrer le loyer foncier dans le calcul de l’effort financier.
- Collectivités : outil pour maintenir une diversité sociale et attirer des actifs locaux.
Limite et incertitude : la répartition du gain entre vendeur, acquéreur et collectivité dépendra du contexte local et des arbitrages politiques. Les simulations doivent inclure un horizon de 10 à 30 ans pour évaluer l’effet cumulé du loyer foncier sur le budget des ménages.
Cas pratique chiffré : dans une agglomération, un logement vendu 300 000 € en pleine propriété peut être proposé 180 000 € en dissociation (décote 40 %). Si le loyer foncier est fixé à 120 € par mois indexé sur l’inflation, l’effort mensuel global (prêt + loyer) peut rester inférieur à celui d’une acquisition classique à prêt plus élevé. Distinction : l’économie d’achat est garantie initialement, la charge récurrente est probable et l’impact sur la valeur de revente reste variable selon l’attractivité locale.
Insight : la loi Lagleize agit comme un facteur d’ouverture du marché pour certains profils, mais son effet durable nécessite coordination financière et régulation.
La seconde vidéo propose une étude de cas européenne comparée, utile pour mesurer les trajectoires d’impact à moyen terme.
Fiscalité, réglementation et sécurisation juridique du bail : précautions et adaptations
L’application pratique du dispositif exige un cadre fiscal et réglementaire clair. La dissociation foncier/bâti introduit des questions fiscales (taxe foncière, plus-values, abattements éventuels) et un besoin de sécurisation juridique du bail pour éviter une insécurité qui ferait fuir acheteurs et banques.
Principaux points réglementaires à clarifier :
- Traitement fiscal des loyers fonciers et imposition des revenus éventuels pour l’OFS.
- Modalités de calcul de la taxe foncière lorsque le foncier appartient à un organisme public ou privé.
- Règles de plus-value et abattements applicables lors de la revente du bâti.
- Garanties légales pour éviter l’éviction des occupants en cas de litige.
Un des objectifs est de rendre le mécanisme transparent pour les banques afin qu’elles puissent standardiser l’octroi de crédits. En 2026, certains établissements pratiquent déjà des simulations intégrant le loyer foncier, mais la variabilité des pratiques demeure un frein.
Idée reçue : « fiscalement moins intéressant »
Ce n’est pas nécessairement vrai. La structure fiscale dépendra du traitement des loyers fonciers par les règles locales. Dans certains cas, l’absence de propriété foncière peut entraîner une réduction de la taxe foncière pour l’acquéreur, tandis que l’OFS paie une imposition sur sa gestion. L’analyse doit être conduite au cas par cas.
Alternative : demander une étude fiscale avant signature. Les profils fiscaux diffèrent : un foyer imposable élevé devra considérer l’impact sur l’impôt sur le revenu et la taxe foncière, tandis qu’un ménage à faibles revenus priorisera l’effort mensuel.
Limite : en l’absence d’une harmonisation nationale complète, le traitement fiscal peut varier selon les collectivités. Méthode de tranchage : solliciter un acte de notoriété fiscal et une simulation auprès d’un notaire et d’un conseiller fiscal.
Cas pratique : revente après dix ans. Le calcul de la plus-value sur le bâti suit le régime classique, mais la base imposable est limitée au bâti. Les abattements pour durée de détention s’appliquent selon le régime en vigueur, ce qui peut aboutir à un résultat fiscal favorable par rapport à une vente globale sol + bâti.
Insight : une sécurisation réglementaire et une communication fiscale claire sont indispensables pour assurer la confiance des acheteurs et des prêteurs.
Urbanisme, aménagement du territoire et transition énergétique : synergies et enjeux environnementaux
La loi Lagleize ne porte pas uniquement sur la mécanique financière ; elle impacte l’urbanisme, l’aménagement du territoire et les choix liés à la transition énergétique. Intégrer des obligations environnementales dans les baux et les cahiers des charges des OFS permet de transformer la gestion foncière en levier de développement durable.
Exemples concrets d’intégration :
- Clauses exigeant un niveau minimal de performance énergétique pour les bâtiments vendus.
- Incitations ou obligations à installer des énergies renouvelables (panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur) lors de la construction ou des rénovations.
- Réserves foncières pour espaces verts et corridors écologiques.
Ces mesures s’inscrivent dans une logique d’urbanisme durable où le foncier porté devient un instrument de planification. Les collectivités peuvent ainsi conditionner l’usage du terrain à des objectifs de sobriété énergétique et de qualité de vie.
Chiffres et effets attendus
Si, par exemple, 50 % des opérations portées par un OFS imposent des normes énergétiques renforcées, les gains énergétiques cumulatifs peuvent être significatifs à l’échelle d’une agglomération. La réduction des consommations du parc neuf ou rénové participe à l’objectif national de baisse des émissions.
Idée reçue : « contraintes environnementales = coût supplémentaire ». À court terme, certaines obligations peuvent augmenter le coût de construction. À moyen terme, la baisse des dépenses énergétiques et la valeur d’usage accrue compensent ces surcoûts, surtout dans un cadre de crédit où l’effort mensuel intègre l’économie d’énergie.
Alternatives selon le profil :
- Collectivités volontaires : intégrer des exigences élevées pour promouvoir la transition.
- Territoires ruraux : concentrer l’action sur la rénovation énergétique plutôt que sur la création ex nihilo.
- Promoteurs privés : proposer des packages « bâtiment + solutions d’énergies renouvelables » pour valoriser l’offre auprès des acheteurs.
Limite : la mise en conformité énergétique nécessite des financements dédiés et une coordination avec les dispositifs existants (certificats d’économie d’énergie, aides ANAH, etc.). Méthode pour trancher : associer une étude énergétique dès la phase de faisabilité et intégrer les aides dans le business plan.
Cas pratique : une commune impose l’installation de panneaux solaires sur 30 % des toitures dans un lotissement porté par un OFS. Le surcoût initial de 5 000 € par logement est compensé par une économie énergétique de 60 € par mois, réduisant le coût total pour l’occupant et améliorant la résilience énergétique locale.
Insight : l’outil foncier porté peut devenir un levier puissant pour conjuguer accès à la propriété et objectifs de transition énergétique.
Risques, erreurs fréquentes et garde-fous pour sécuriser les acheteurs
L’innovation introduite par la loi Lagleize comporte des risques à maîtriser. Les erreurs fréquentes observées lors des expérimentations portent sur la compréhension contractuelle, le financement bancal des OFS et la faible communication envers les publics cibles.
Erreurs fréquentes :
- Sous-estimer l’impact du loyer foncier sur le budget à long terme.
- Accepter des baux sans clauses d’indexation claires.
- Ignorer la fiscalité appliquée au régime choisi.
- Ne pas prévoir de mécanisme de sortie en cas de changement de situation.
Chiffre utile : 18 ans est la durée minimale évoquée pour certains baux dans les premières préconisations ; la récurrence des contrôles et des clauses de renouvellement modèlent la sécurité juridique.
Garde-fous recommandés
Avant de s’engager, il convient de :
- Demander une simulation de prêt incluant le loyer foncier.
- Vérifier les clauses d’indexation et les plafonds possibles.
- Consulter un notaire pour clarifier les implications successorales.
- Analyser la solidité financière de l’OFS (bilan, garanties).
- Vérifier l’existence d’aides locales ou nationales associées.
Alternative selon le profil : un ménage proche de la retraite privilégiera la pleine propriété pour réduire l’incertitude du loyer à long terme. Un jeune ménage priorisera le ticket d’entrée et la flexibilité offerte par le dispositif.
Limite : même bien monté, le dispositif suppose une stabilité réglementaire. Toute modification majeure de l’indice d’indexation ou de la fiscalité peut affecter le bilan patrimonial d’un ménage. Méthode pour trancher : demander une clause de neutralisation ou des simulations à scénarios (inflation forte, inflation faible).
Cas pratique : une famille qui n’a pas lu la clause d’indexation voit son loyer foncier augmenter 3 fois plus vite que l’inflation sur huit ans. Cela a conduit à un surcoût mensuel significatif et à des tensions budgétaires. La leçon : lire et demander des simulations multi-scenarios avant signature.
Insight : vigilance contractuelle, simulation financière et transparence des OFS sont indispensables pour transformer l’innovation en levier durable d’accès à la propriété.
Cas pratiques, profils types et scénarios de décision : comment choisir selon son projet
Pour rendre la réforme opérante, il est utile de proposer des scénarios concrets selon des profils types. La loi Lagleize est un outil de choix — pas une solution unique — et s’évalue selon l’horizon, l’apport, la tolérance au risque et les objectifs patrimoniaux.
Profil A — Primo-accédant en métropole
Situation : 28 ans, CDI, apport 8 000 €, budget mensuel serré. En dissociation, l’achat du bâti devient possible avec un prêt amortissable et un loyer foncier modéré. Avantage : accès rapide à la résidence principale. Risque : dépendance à l’évolution du loyer. Conseil actionnable : demander une simulation à 25 ans et vérifier l’intégration d’aides locales.
Profil B — Couple avec enfants, horizon moyen
Situation : 40 ans, apport 40 000 €, recherche de stabilité. La dissociation permet de réduire l’effort initial, mais la charge récurrente du loyer foncier doit être comparée à une acquisition en pleine propriété. Alternative : si le couple prévoit une revente à court terme, la pleine propriété reste préférable ; si l’objectif est de rester 15–20 ans, la dissociation peut être optimale.
Profil C — Investisseur ou famille souhaitant transmission
Situation : recherche d’un actif à transmettre. La dissociation modifie la logique successorale ; le bâti se transmet, mais le bail foncier reste attaché au lot et peut limiter la valorisation. Conseil : étudier l’impact fiscal et successoral avec un notaire.
Scénarios chiffrés
Exemple concret : comparer deux solutions pour un T3 estimé 300 000 € en zone tendue.
| Critère | Pleine propriété | Dissociation (Lagleize) |
|---|---|---|
| Prix d’achat | 300 000 € | 180 000 € (décote 40 %) |
| Apport nécessaire | 30 000 € | 18 000 € |
| Loyer foncier mensuel | 0 | 120 € |
| Effort mensuel prêt + charges | 1 200 € | 950 € + 120 € = 1 070 € |
Analyse : la dissociation réduit l’effort mensuel initial et facilite l’accès. La décision dépendra de l’horizon de détention et de la tolérance au paiement d’un loyer récurrent.
Idée reçue : « perte définitive de patrimoine ». En fait, le patrimoine se compose du bâti et d’un droit d’usage ; la valeur patrimoniale est différente mais pas nécessairement moindre si le bâti est bien entretenu.
Limite : la revente peut prendre plus de temps si le marché d’acheteurs acceptant un bail foncier est restreint. Méthode : tester la demande locale avant acquisition.
Insight : la décision doit combiner simulation financière, lecture contractuelle et projection patrimoniale ; le bon choix dépend strictement du profil et de l’horizon.
Qu’est-ce que la loi Lagleize apporte concrètement à un primo-accédant ?
La loi permet d’acheter le bâti sans le foncier, abaissant ainsi le ticket d’entrée. Concrètement, l’acquéreur paie un prix d’achat réduit et un loyer foncier encadré. Il bénéficie d’un droit d’usage durable mais doit intégrer la charge foncière dans son budget.
Le bail réelle solidaire est-il sécurisé juridiquement ?
Oui si le bail est bien rédigé : indexation claire, durée définie, obligations d’occupation et clauses de revente. Il est recommandé de consulter un notaire pour vérifier les garanties et la lisibilité fiscale.
Quel impact sur la fiscalité locale et la taxe foncière ?
Le traitement fiscal dépend du montage local. Dans certains cas, l’acquéreur voit sa taxe foncière réduite car le foncier appartient à l’OFS ou à la collectivité. Il est essentiel d’obtenir une simulation fiscale avant signature.
La loi favorise-t-elle la transition énergétique ?
Oui, via la possibilité d’intégrer des obligations environnementales dans les cahiers des charges des OFS : performance énergétique minimale, intégration des énergies renouvelables et gestion des espaces verts.



